Madame Quimcampoix prend le bus

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Madame Quimcampoix prend le bus

Message  Admin le Jeu 17 Déc - 18:18

En cette fin d'été 1911 , Mme Quimcampoix et son fils Antoine revenaient du Jardin des Plantes , où ils avaient vu la girafe Zarafa naturalisée avant son départ pour La Rochelle .
Il faisait beau en ce jour du 27 septembre .


Madame Quicampoix Prête pour le départ


 
L’autobus n° 205 de la ligne Jardin des Plantes – square des Batignolles , de 16 h 05 était pour une fois à l'heure.
Ils s’installèrent au fond , à coté d'un gros bonhomme qui prenait de la place .
Peu de circulation , fit que l'autobus arriva  quai de la Tournelle,  et tourna à droite pour prendre le  du pont de l’archevêché .




Le conducteur  aperçut un autre autobus arrivant en sens inverse. Craignant une collision, il donna un violent coup de volant à droite; la machine fit une embardée, monta sur le trottoir, alla butter contre le parapet de fer qui céda sur une longueur de 5 mètres et fut précipitée dans le fleuve où,  après avoir fait un tour complet sur elle-même, elle s’engloutit au pied de la première pile, avec tous ses voyageurs le wattman et le receveur.

La chute a paru une éternité , mais la vingtaine de passager se retrouvèrent à l'eau !
Seul, un voyageur de 1ére classe, qui avait vu la manoeuvre, réussit à sortir par une des fenêtres ouvertes et pendant que l’autobus effectuait son effroyable plongeon, il restait accroché au parapet.

Ce voyageur,  Albert Cormenier représentant d’une maison de couleurs à Montreuil-sous-bois, sortait de chez un client et allait chercher sa femme à la gare d’Orsay.  Celle-ci maman  d’un charmant petit enfant et en attente d’un heureux événement fut prise d’une véritable crise de nerfs quand une personne zélée vint  lui annoncer que son mari se trouvait dans l’autobus noyé.


Sur ces entrefaites monsieur rentra chez lui , ce qui acheva de calmer les si légitimes appréhensions que pouvait éprouver un cœur d’épouse.

Un homme en noir surnage, il s’agit de l’abbé Antoine Richard, professeur à l’Institution Lamartine à Belley, en vacances à Paris.

Dans une pharmacie du boulevard Saint-Germain, ou il reçoit des soins, l’abbé témoigne:  j’étais assis sur la banquette voisine du compartiment de 1ere classe, nous venions d’arriver sur le pont de l’Archevêché, lorsque une brusque secousse projeta les voyageurs les uns sur les autres. Puis ce fut le plongeon.

Dans l’eau je me mis à nager cherchant une issue, un passager s’accrocha à moi. Je réussis à me hisser avec mon fardeau sur le toit de l’autobus. Nous étions sauvés !


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Un homme plonge à plusieurs reprises dans l’eau pour extraire des passagers de l’autobus. Les mains, les pieds ensanglantés par des éclats de vitres, il continue à nager sans relâche. Près de 2 heures le nageur restera ainsi à l’eau, puis brisé de fatique on l’obligera à abandonner sa mission héroïque. Cinq infirmières travailleront plus d’un quart d’heure à le réanimer.

Ce citoyen héroïque c’est Mr Eugène Mèneveux, fondé de pouvoirs d’une grande industrie Suisse et domicilié à Paris, 158 rue Montmartre. Il est surtout champion de natation et champion de France de sauvetage habillé. Lorsqu’il apprit la nouvelle de l’accident il se trouvait chez une cliente Mme Justinin 1 rue Thirion.  Mèneveux se se fit immédiatement conduire en auto sur les lieux du drame.




Le corps du conducteur de l’autobus est également  repêché. Il s’agit de Jean Raynal né à Prades en (Aveyron) le 22 juin 1868. Le malheureux occupait un modeste logis 11 passage des Amandiers dans le 11éme quartier du Père Lachaise.
Le malheur s’acharne sur la famille Raynal.
Le lundi précédent le drame, c’est en rentrant de son travail que Jean Raynal appris que son épouse venait de décéder subitement d’une embolie.
Il restait seul avec cinq enfants dont l’aîné compte à peine 14 ans et le plus jeune 4.
Ces pauvres enfants orphelins sont confiés aux soins de leur grand-mère madame Dhuy demeurant 5 rue Guilhem dans le 11éme.


Pour l’ingénieur-Expert Mr Eschvege le levier était en prise sur la 3éme vitesse, la plus rapide.
Les conclusions de l’expert sont sans appel :  L’accident est dû à un trop brusque coup de volant à droite, à la trop grande rapidité du véhicule et à un manque absolu de sans-froid du malheureux mécanicien.





L’autobus transportait une vingtaine de passagers. Cet accident fut le plus meurtrier de l’histoire des autobus parisiens, tuant 11 passagers et en blessant 9 autres.




Source : en vert
Site paris-a-nu , site multicollection , et Le petit parisien journal illustré de l'époque .
A noter , le détail des informations de l'article .


Le conducteur  Jean Raynal




     
Mr Eugène Mèneveux


Le voyageur,  Albert Cormenier et son épouse



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